Leonardo da Vinci

Mouvement
Renaissance (incl. Maniérisme)
Période
1452–1519
Nationalité
Italian
Dans le quiz
9 tableaux
Mona Lisa by Leonardo da Vinci (1503)
Ginevra de' Benci by Leonardo da Vinci (1474)
Lady with an Ermine by Leonardo da Vinci (1490)
Saint John the Baptist by Leonardo da Vinci (1513)
The Virgin and Child with Saint Anne by Leonardo da Vinci (1503)
The Annunciation by Leonardo da Vinci (1475)

Style et technique

Léonard a peint très peu d'œuvres. Au décompte rigoureux, seuls quinze tableaux conservés lui sont attribués avec certitude — moins que ce que beaucoup de ses contemporains produisaient en une seule année. À peine vingt ans passés, il dessinait et peignait déjà mieux que quiconque à Florence ; il ne parvenait simplement jamais à terminer. Et les panneaux qu'il achevait, il continuait souvent de les retoucher pendant des décennies — La Joconde l'a accompagné pendant seize ans, de Florence à Milan, de Rome à la France, et il l'ajustait encore le jour de sa mort.

La technique qui l'a rendu célèbre porte un nom italien : le sfumato, c'est-à-dire « enfumé ». Au lieu de tracer une ligne nette entre deux zones de couleur, Léonard les fondait à travers des dizaines de glacis presque invisibles, jusqu'à ce que la transition devienne un voile. Le coin de la bouche de la Joconde en est l'exemple canonique : il n'y a pas de contour, seulement un dégradé infiniment progressif que le cerveau interprète comme un demi-sourire qui ne cesse de se déplacer.

Quatre signes distinctifs permettent de reconnaître un Léonard.

Le sfumato. Les visages et les formes émergent d'un fond atmosphérique enfumé, jamais cernés d'un trait. De près, l'image semble presque floue.

La composition pyramidale. Ses scènes de groupe s'ordonnent autour d'un triangle central — Vierge à l'Enfant assise, Cène organisée autour du Christ — héritage de la tradition florentine, mais poussé plus loin. Géométrie stable en surface, psychologie complexe en profondeur.

Le geste des mains comme langage. Les mains portent le sens. Dans La Cène, chaque apôtre réagit avec une main différente : pointer, reculer, saisir, paume tournée vers le bas. Léonard étudiait le geste comme une forme de parole.

Les paysages atmosphériques. Ses arrière-plans sont toujours des chaînes de montagnes brumeuses fuyant vers un horizon bleu — une technique qu'il a codifiée, la perspective aérienne. Les sommets lointains se diluent dans un bleu pâle, les collines proches restent d'un brun chaud. Il fut le premier à écrire pourquoi cela se produit, optiquement.

Il fut aussi le plus extraordinaire dessinateur de l'histoire de l'art occidental. Ses carnets — environ 7 000 pages conservées d'observations en écriture spéculaire sur le vol, l'anatomie, l'eau, les machines, l'œil, l'utérus — sont aujourd'hui étudiés par les ingénieurs, les biologistes et les historiens de l'art comme ce que la Renaissance nous a laissé de plus proche du témoignage d'un seul esprit pensant à peu près tout.

Vie et héritage

Il naît le 15 avril 1452 à Vinci, ou tout près, un village des collines situées à l'ouest de Florence. Son père, Ser Piero da Vinci, est un jeune notaire ; sa mère, Caterina, est probablement une paysanne, ou peut-être une servante d'origine moyen-orientale réduite en esclavage (les recherches récentes ne tranchent pas). Ils ne sont pas mariés. Léonard grandit comme enfant illégitime, élevé chez son grand-père, et ce handicap social marque ses premières années : il ne peut ni entrer à l'université ni rejoindre la plupart des corporations.

Ce qu'il sait faire, en revanche, c'est dessiner. Vers 1466, à 14 ans, son père porte quelques-uns de ses croquis au sculpteur et peintre florentin Andrea del Verrocchio, qui le prend comme apprenti. Léonard restera plus de dix ans dans la bottega de Verrocchio. La légende — sans doute apocryphe — veut que lorsque le jeune Léonard peignit l'un des anges du « Baptême du Christ » de Verrocchio, le maître fut si troublé de constater que la touche de son apprenti surpassait la sienne qu'il abandonna définitivement la peinture.

En 1481, il décroche une commande importante, « L'Adoration des mages » pour un monastère proche de Florence, et l'abandonne à moitié peinte. La même année, il rédige une lettre remarquable à Ludovic Sforza, duc de Milan, pour postuler à un poste à la cour. La lettre s'étire sur neuf paragraphes consacrés à ses talents d'ingénieur militaire — constructeur de ponts, creuseur de tunnels, concepteur de véhicules cuirassés — et conclut presque en passant : « Je sais aussi peindre et sculpter. » Il obtient le poste.

Léonard vit à Milan de 1482 à 1499, attaché à la cour des Sforza. Il y peint « La Cène » sur le mur du réfectoire de Santa Maria delle Grazie (1495-1498) et commence à développer les longues obsessions — anatomie, hydraulique, vol des oiseaux — qui rempliront les carnets. La Cène se dégrade presque immédiatement après son achèvement : il avait choisi un mélange expérimental de tempera sur plâtre sec plutôt que la véritable fresque, et le mur a absorbé puis rejeté la peinture en moins de trente ans.

En 1499, les Français envahissent Milan, les Sforza s'enfuient, et Léonard repart vers Florence par Venise. La décennie qui suit est la plus agitée de sa vie. Il sert brièvement comme ingénieur militaire auprès de César Borgia (fils tristement célèbre du pape Alexandre VI). De retour à Florence, il peint la fresque aujourd'hui perdue de « La Bataille d'Anghiari » pour le Palazzo Vecchio — autre désastre technique, autre abandon. Il commence La Joconde vers 1503 pour un marchand florentin, et ne la livrera jamais.

En 1513, il s'installe à Rome à l'invitation du pape Léon X. Michel-Ange et Raphaël y sont également. Léonard, à 61 ans, est l'aîné des trois, et ses jeunes rivaux le traitent avec un mélange de respect et d'impatience — il se laisse continuellement distraire par des expériences sur les miroirs, la greffe végétale, l'hydraulique. Il ne produit presque aucune peinture à Rome.

En 1516, le nouveau roi de France, François Ier, l'invite à venir vivre au petit château du Clos Lucé, près d'Amboise. Léonard accepte, emballe La Joconde, le « Saint Jean Baptiste » et « La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne », et franchit les Alpes à plus de soixante ans, ses trois tableaux sous le bras. Il reçoit une pension généreuse et le titre de « Premier peintre, ingénieur et architecte du Roi ». Il passe ses trois dernières années au Clos Lucé à concevoir des fêtes royales et à retoucher ces trois panneaux.

Il meurt le 2 mai 1519, à 67 ans, dans la petite chambre du château. La légende selon laquelle François Ier l'aurait tenu dans ses bras à l'instant de sa mort est presque certainement une invention romantique du XIXe siècle. Le fait avéré, c'est que Léonard a légué ses carnets et les trois tableaux à son élève et compagnon de longue date Francesco Melzi, qui les a ramenés en Italie. La Joconde est ensuite entrée dans les collections royales françaises ; elle se trouve aujourd'hui au Louvre, où près de 30 000 visiteurs défilent chaque matin devant elle.

Cinq tableaux célèbres

La Joconde by Leonardo da Vinci (1503)

La Joconde 1503

Le portrait fut commandé vers 1503 par Francesco del Giocondo, un marchand de soie florentin, pour sa seconde épouse Lisa Gherardini. Léonard ne le livra jamais. Il y travailla pendant les seize années suivantes, transportant le panneau de Florence à Milan, de Rome à la France, glaçant la surface lors de dizaines de séances. Le visage est construit en couches de sfumato si fines qu'aucun coup de pinceau n'est visible, à aucun grossissement. Le sourire se loge au coin de la bouche, là où le dégradé est le plus subtil : regardez-le directement, il s'évanouit ; détournez légèrement le regard, il revient. Le tableau est petit (77 × 53 cm) et il est accroché au Louvre derrière deux centimètres de verre pare-balles. Il fut volé par un menuisier italien en 1911, retrouvé deux ans plus tard à Florence, et n'est devenu le tableau le plus célèbre du monde qu'après que ce vol l'eut placé à la une des journaux sur tous les continents.

La Cène by Leonardo da Vinci (1498)

La Cène 1498

Peinte sur le mur du fond du réfectoire de Santa Maria delle Grazie à Milan, entre 1495 et 1498. Le Christ vient d'annoncer aux douze apôtres que l'un d'eux le trahira ; Léonard saisit l'instant qui suit immédiatement les paroles. La composition organise les apôtres en quatre groupes de trois, chacun réagissant différemment — Pierre se penche en avant, furieux ; Jean recule ; Judas serre une bourse dans l'ombre ; Philippe se désigne lui-même, incrédule. Léonard commit l'erreur technique de peindre à la tempera sur plâtre sec plutôt qu'en fresque humide, dans l'espoir d'un détail plus fin ; le mur se mit à absorber et à rejeter la peinture presque immédiatement. Dès 1517, l'œuvre se dégradait déjà ; vers 1700, l'essentiel était perdu. Ce qu'on voit aujourd'hui résulte d'une restauration de vingt et un ans achevée en 1999. La salle reste en usage comme réfectoire, désormais climatisée, et les visiteurs entrent par groupes de vingt, pour quinze minutes à la fois.

La Dame à l'hermine by Leonardo da Vinci (1490)

La Dame à l'hermine 1490

Peint vers 1490 à Milan, durant la première décennie de Léonard à la cour des Sforza. Le modèle est Cecilia Gallerani, 16 ans, maîtresse de Ludovic Sforza, duc de Milan. L'animal blanc qu'elle tient dans ses bras est une hermine — emblème héraldique du duc (dont le surnom était « l'Ermellino ») et jeu de mots sur son nom de famille (le grec « galê » désigne un animal du genre belette). Le tableau marque le moment où Léonard invente le portrait psychologique moderne : au lieu du profil conventionnel utilisé depuis des siècles, il fait pivoter le corps de Cecilia hors du regard du spectateur et lui rejette la tête comme si elle venait d'entendre quelqu'un entrer dans la pièce. L'hermine reproduit son geste à l'identique. L'œuvre se trouve aujourd'hui au musée Czartoryski de Cracovie ; elle a survécu à deux guerres mondiales, en partie parce que les nazis l'ont aimée au point de ne pas la détruire.

L'Annonciation by Leonardo da Vinci (1475)

L'Annonciation 1475

Un Léonard de jeunesse, peint vers 1472-1475, alors qu'il avait à peine vingt ans et travaillait encore dans la bottega de Verrocchio. Le panneau est d'une largeur inhabituelle (98 × 217 cm) et fut sans doute conçu pour surmonter une porte dans un couvent florentin. L'archange Gabriel s'agenouille à gauche, à peine posé, son lys de pureté encore à la main, les ailes inspirées d'études d'ailes d'oiseaux que Léonard menait dans ses carnets. Marie, à droite, est interrompue dans sa lecture ; sa main se lève dans un geste de surprise. Le paysage de montagnes brumeuses derrière eux, l'exactitude botanique des fleurs du jardin, les expériences perspectivistes sur le lutrin de marbre : tout annonce déjà l'expérimentateur technique que Léonard deviendra. Le tableau se trouve aux Offices, à Florence.